Tout savoir sur PISA 2025 – Décryptage Espérance banlieues

Accueil Publications PISA 2025 : décryptage complet des résultats et des enjeux

PISA 25 décryptage

PISA 2025 – Décryptage

Analyse des scores, de leur évolution au sein de l’OCDE et focus sur la situation de l’école française

Des élèves prêts pour l’avenir. Tel est le titre de l’édition 2025 du Programme International du Suivi des Acquis des élèves (PISA), publié ce mardi 8 septembre par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).  

Ce titre peut paraître cynique si on s’arrête à la seule lecture des évolutions des résultats des pays de l’OCDE dans les trois domaines fondamentaux (sciences, mathématiques et compréhension de l’écrit) : les résultats sont les plus faibles jamais enregistrés depuis la création de PISA en 2000. Mais comme rappelé dans notre précédente note sur la méthodologie de PISA, réduire cette enquête à un seul classement reviendrait à passer à côté d’autres aspects essentiels. En effet, PISA ne mesure pas simplement un niveau mais s’attache aussi à comprendre ce qui peut l’expliquer et dans quelle proportion. Les élèves sont ainsi interrogés sur leur usage du numérique, leur rapport à l’apprentissage, leur environnement scolaire et familial. Ce sont ces corrélations qui permettent à l’OCDE de dégager des pistes d’action concrètes pour redresser une situation pourtant très préoccupante. Nous les détaillerons.

Nous suivrons cet ordre dans cette synthèse : d’abord les scores et leur évolution, puis les sujets transverses (numérique, attitudes des élèves, cadre scolaire et familial) qui viennent les éclairer.

Si les solutions sont aujourd’hui identifiées et largement documentées par la recherche, le véritable défi réside dans leur mise en œuvre sur le terrain, qui engage une responsabilité tant individuelle que collective.

PISA 2025 : Quelle évolution des scores ?

Sciences, mathématiques, lecture : une baisse inédite des résultats depuis 2000

En sciences, en mathématiques et en compréhension de l’écrit, la baisse des résultats se poursuit pour la France comme pour la moyenne OCDE. Ces résultats sont les plus faibles enregistrés depuis la création de PISA en 2000, pour l’OCDE comme pour la France.

Autre signal préoccupant : 20% des élèves de 15 ans de l’OCDE, 21,3% pour la France, sont peu compétents dans l’ensemble des trois domaines, c’est-à-dire qu’ils ne disposent pas, selon l’OCDE des “compétences indispensables pour réussir dans la poursuite de leurs études, leur vie professionnelle ou leur quotidien.” 

Ces tendances s’inscrivent sur le long terme et étaient identifiées par les enquêtes PISA avant même la pandémie de Covid-19. Cependant, on note une accélération significative de ces baisses depuis 2022, pour la moyenne OCDE comme pour la France. Elles révèlent des défis structurels au sein des systèmes éducatifs, détaillés plus bas.  

ChatGPT Image 9 sept. 2026, 02 49 34 (2)
ChatGPT Image 9 sept. 2026, 02 49 34 (1)
ChatGPT Image 9 sept. 2026, 02 49 35 (3)

Un repère permet de mesurer l’ampleur du décrochage :
une baisse de score de l’ordre de 20 points équivaut à peu près à la perte d’une année d’apprentissage. 

Une chute marquée des résultats n’est pas une fatalité 

Comme le rappelle l’OCDE, la baisse des résultats n’est pourtant pas une fatalité. Certains pays affichent en effet une hausse significative de leurs performances éducatives. C’est par exemple le cas du Royaume-Uni (courbes ci-dessus). L’enquête souligne par ailleurs que ces progrès ne s’expliquent pas uniquement par le niveau de richesse des économies : ” la dichotomie entre nations riches aux écoles d’excellence, d’un côté, et nations pauvres aux systèmes scolaires défaillants, de l’autre, n’a plus cours”. La pertinence des politiques publiques et l’allocation des ressources est un indicateur plus fiable que le seul montant dépensé par tête.  

Malgré un constat préoccupant, Mathias Cormann, secrétaire général de l’OCDE, rappelle que l’ambition de PISA reste d’orienter l’action. À partir des enseignements scientifiques tirés de ce qui, dans les faits, distingue les systèmes éducatifs qui progressent de ceux qui reculent, il liste 6 actions prioritaires.

PISA 25 décryptage

Les 6 priorités dégagées par l’OCDE pour inverser la tendance

  • Fixer des attentes élevées et cohérentes pour chaque élève, en misant sur la maîtrise des fondamentaux plutôt que sur la quantité de savoirs, ce qui nécessite notamment selon l’OCDE un alignement entre programmes, enseignements et évaluations.  

  • Accompagner les enseignants dans l’exercice de leur métier (formation continue, tutorat, échanges entre pairs…)  

  • Impliquer les parents et imaginer des méthodes créatives pour les réintégrer à la vie scolaire de leurs enfants.  

  • Stimuler l’intérêt pour les sciences, donner envie aux jeunes les plus performants en sciences de s’orienter vers des carrières scientifiques 

  • Soutenir plus particulièrement les établissements et les élèves les plus défavorisés  

  • Apprendre à utiliser l’IA avec précaution, intention et parcimonie.  

Une relative résilience en sciences

Un domaine qui résiste mieux que les autres 

C’est la bonne nouvelle relative de cette édition : les sciences tiennent mieux le choc que les deux autres matières évaluées, aussi bien au niveau de l’OCDE (482 points, en repli de 3 points seulement depuis 2022) qu’en France (483 points, en repli de 4 points). Cette stabilité apparente masque toutefois de fortes disparités selon les pays. Le Royaume-Uni progresse de 12 points pour atteindre 511 points, quand l’Espagne recule de 7 points, à 477 points. 

Pour évaluer la culture scientifique des élèves, définie comme la capacité à mener un débat raisonné sur des sujets scientifiques afin d’orienter ses propres décisions et actions (à l’échelle personnelle, locale ou nationale), PISA s’appuie sur trois compétences spécifiques : 

  • Expliquer des phénomènes de manière scientifique ; 

  • Concevoir et évaluer des démarches de recherche scientifique, et interpréter des données et des preuves de façon critique ; 

  • Rechercher, évaluer et utiliser des informations scientifiques pour prendre une décision ou agir. 

Sur cette dernière compétence, la France se distingue nettement, avec un score de 487 points contre 480 en moyenne dans l’OCDE. À l’heure des réseaux sociaux, de l’IA et de la désinformation, cette capacité à évaluer l’information constitue un atout précieux.

Ce que révèlent les écarts entre élèves français

Les disparités de performance entre les élèves les plus et les moins performants méritent  aussi de l’attention.

  • 74% des élèves français atteignent au moins le niveau 2 de compétences en sciences, en ligne avec la moyenne OCDE et en écart de -10 pts par rapport aux pays les plus performants.   

  • Parmi eux, 7%, soit près d’un élève sur 15, sont de très bons élèves en sciences. A ce niveau de performance, l’OCDE considère que les élèves constituent un vivier international de talents scientifiques. Une fois prise en compte l’envie de ces élèves de poursuivre leur orientation vers des métiers scientifiques, les élèves français représentent 4% des talents mondiaux en sciences.   

pisa analyse

Une chute continue en mathématiques

Mathématiques : le point noir de cette édition

Le niveau en mathématiques est le plus faible jamais enregistré au niveau de l’OCDE, avec une nouvelle baisse de 9 points depuis 2022 (soit près de six mois d’apprentissage), qui fait suite à un recul de 15 points entre 2018 et 2022. 

La France encaisse un choc plus sévère encore : 16 points de moins qu’en 2022, portant le cumul des pertes à 37 points depuis 2018. Désormais, 36 % des élèves français sont considérés comme peu performants en mathématiques (sous le niveau 2 de compétence), quand seuls 5 % sont évalués comme très performants. Très concrètement, les élèves sous le niveau 2 de compétences peuvent avoir des difficultés à comparer les prix dans un supermarché ou à comprendre une facture.

Résolution de problèmes dans un contexte computationnel : une surprise positive 

Cette épreuve sera largement commentée lors de la parution du volume consacré à « l’apprentissage dans un monde numérique », le domaine innovant de l’édition 2025, prévu pour avril 2027. Elle a notamment pour objectif de mesurer la capacité des élèves à résoudre des problèmes à l’aide d’outils informatiques (modélisation, programmation) et de pratiques numériques. 

Les élèves français y obtiennent un score moyen de 497 points, proche de la moyenne OCDE (500 points). L’OCDE y voit une performance d’autant plus notable qu’elle tranche avec les résultats français dans les trois autres disciplines : nos élèves semblent savoir raisonner et résoudre des problèmes à l’aide d’outils numériques mieux que leurs seuls résultats en mathématiques et en compréhension de l’écrit ne le laisseraient supposer.

Une analyse du Collectif Maths&Sciences portée par ses partenaires du monde de l’entreprise et les directions des écoles d’ingénieurs, est à retrouver dans la rubrique « Idées » du  journal Le Monde parue le 9 septembre 2026 : PISA 2025 : « Renforcer l’enseignement scientifique et technique dans toutes les filières et tout au long de la formation obligatoire est une urgence nationale ». Elle propose des solutions concrètes pour revaloriser les sciences dans l’enseignement et insiste sur des enjeux cruciaux face aux pressions technologiques. Retrouvez les signataires, dont fait partie Isabelle Tanchou, vice-présidente du Cours La Boussole (Espérance banlieues).

Une baisse historique en compréhension de l’écrit

La plus grande baisse jamais mesurée en lecture

C’est le domaine où le décrochage est le plus sévère : entre 2018 et 2025, le score moyen en compréhension de l’écrit recule de 25 points dans les pays de l’OCDE, passant de 488 à 463 points (une baisse sans précédent depuis la création de l’enquête). En France, seuls 67 % des élèves atteignent le niveau 2 de compétence, contre 69 % en moyenne dans l’OCDE. Ce niveau correspond à des compétences de base : identifier l’idée principale d’un texte de longueur modérée, retrouver une information à partir de critères explicites mais parfois complexes, ou encore réfléchir à l’objectif et à la forme d’un texte lorsqu’on les y invite explicitement.

Une détérioration des habitudes de lecture ou la perte de l’attention

La baisse ne touche pas tous les élèves ni tous les textes de la même façon, elle est nettement plus marquée face aux textes longs. Deux profils de lecteurs permettent de mesurer ce glissement. La part des élèves « précis et fluides » recule de 7 points dans l’OCDE. À l’inverse, la part des élèves « précipités » (ceux qui répondent vite, mais de façon erronée) a presque doublé depuis 2018, passant de 4,6 % à 8,9 %.  

Dès 2018, l’OCDE observait déjà un changement dans les habitudes de lecture des élèves, avec un moindre goût pour la lecture plaisir et une utilisation croissante des écrans pour des usages plus courts et plus fragmentés (recherche d’informations, actualités, discussions en ligne), au détriment de la lecture longue. Les élèves de la génération PISA 2025, nés autour de 2009, ont grandi avec la généralisation des appareils personnels, ce qui a pu accentuer cette évolution vers une lecture plus brève et plus éclatée. Le rapport souligne d’ailleurs que ce n’est pas tant le niveau de compétence des élèves qui s’est uniformément dégradé, que leur attention, et, dans certains pays, un rapport de plus en plus distant à l’école elle-même. 

Le rôle des parents n’y est pas non plus étranger : des analyses antérieures à PISA montrent une forte corrélation entre le plaisir de lire des enfants et le fait de voir leurs parents lire à la maison. Or, ce plaisir de lire recule aussi chez les adultes, une désaffection qui se transmet, directement ou non, à leurs enfants. 

La lecture est pourtant la porte d’entrée vers les autres apprentissages

Cette érosion dépasse le seul champ de la lecture. Comprendre un énoncé, interpréter une consigne, tenir une attention longue face à un texte : la compréhension de l’écrit conditionne largement la réussite dans toutes les autres disciplines. C’est en cela qu’elle constitue une porte d’entrée vers l’ensemble des apprentissages, et que son recul mérite une attention particulière. 

lecture pisa

Numérique et IA : quel impact sur la réussite des élèves ?

Quelles compétences développer face à l’IA et aux écrans ?

On pourrait s’attendre à ce que la maîtrise du numérique et de l’IA repose sur de bonnes bases en sciences et en mathématiques. Ce sont pourtant des compétences travaillées en lecture qui s’avèrent les plus décisives à l’ère de l’IA : capacité à se concentrer, à interpréter, à synthétiser, à raisonner…  

Les élèves doivent savoir se servir des outils mais surtout ne pas y être asservis. Cela suppose de pouvoir rester concentré sur une tâche alors que les outils numériques sont conçus pour capter notre attention, de remettre en cause les réponses apportées par les outils, de prendre du recul face à de potentielles « fake news »…

L’édition PISA 2025 soulignent que les décideurs politiques ont un rôle crucial à jouer dans la mise en place d’une culture éducative favorisant la profondeur de réflexion nécessaire pour réussir. Comme le formule le rapport, “l’avenir n’appartient pas à ceux qui ont accès à l’information, mais à ceux qui savent l’interpréter, la mettre en perspective et en tirer du sens”. 

Numérique et IA à l’école : quels usages améliorent ou dégradent les résultats ?

L’OCDE ne nie pas que le numérique et l’IA représentent une opportunité réelle pour les apprentissages mais les effets varient selon l’usage qui en est fait.  

Une utilisation modérée des appareils numériques à des fins pédagogiques est souvent associée à une amélioration des résultats. Leur simple présence en classe pose toutefois la question de l’attention des élèves. En moyenne dans l’OCDE, 60,8% des élèves se disent distraits par l’utilisation d’appareils numériques en classe (vs 55,2% des élèves français).  

  • En ce qui concerne l’IA, l’impact sur les résultats dépend surtout du type d’utilisation. Une utilisation de l’IA pour rédiger des textes est associée à des scores systématiquement plus bas que sans, tandis qu’utiliser l’IA pour s’aider à apprendre peut permettre de meilleurs résultats.  

  • Le risque principal de l’IA est en effet qu’elle fasse disparaitre la friction de l’apprentissage, cette confrontation à la difficulté par laquelle un élève progresse réellement, aussi appelée “activation cognitive” : “on n’apprend pas en consommant simplement des contenus, mais en fournissant un effort cognitif productif pour les assimiler. Lorsque la technologie permet ou renforce cet effort, les élèves progressent ; lorsqu’elle le court-circuite, elle compromet leur développement. Une fois cela acté, l’IA devient un tremplin, et non une béquille. Un outil au service – et non un substitut – de la réflexion” 

ia pisa

Motivation et attitudes des élèves face aux apprentissages

 

La performance d’un système éducatif se mesure aussi au fait qu’il permette ou non aux « jeunes de s’épanouir et de jouer, à terme, un rôle de premier plan dans un monde de plus en plus complexe et interconnecté ». 

Or, pour « s’épanouir durablement dans sa vie personnelle et professionnelle », tout individu doit être en mesure de « développer ses compétences et se recycler pour pouvoir s’adapter à l’évolution des exigences », et ce tout au long de sa vie. Les nouvelles technologies, en perpétuelle évolution, ont en effet ouvert l’accès à un nombre toujours croissant de ressources. Si bien que les apprenants sont de plus en plus amenés à prendre en main de nouveaux contenus et à décider par eux-mêmes des modalités de leurs apprentissages (où, comment, quand). 

Si l’apprentissage ne s’arrête pas aux portes de l’établissement scolaire, ce constat interroge pourtant directement les systèmes éducatifs : comment mieux préparer, dès aujourd’hui, chez les élèves, cette autonomie et cette envie d’apprendre ? Car derrière cette capacité à apprendre tout au long de sa vie est aussi en jeu la compétitivité économique d’un pays à moyen terme.  

La recherche scientifique montre que cette capacité à apprendre tout au long de sa vie est largement corrélée au « rapport à l’apprentissage des élèves », en d’autres termes à leur niveau d’engagement, un indicateur à plusieurs facettes qui prend en compte : 

  • la motivation (curiosité et persévérance)   

  • la capacité d’action (définition d’objectifs et recherche d’aide)

  • les attitudes (mentalité de croissance, opinion sur la nature des sciences et adaptabilité cognitive). 

En recueillant ces données, PISA offre aux pays un éclairage précieux pour construire leur politique éducative, en capitalisant sur leurs points forts et en travaillant sur leurs faiblesses. Que révèlent-elles, précisément, pour la France ? Voici les points saillants de l’attitude des élèves français vis-à-vis des apprentissages par rapport à la moyenne de l’OCDE. 

  • Les élèves français se distinguent positivement par leur mentalité de croissance (confiance dans la capacité à progresser grâce à l’apprentissage et à l’effort) et leur curiosité.

  • A l’inverse ils sont dans de bien moins bonnes dispositions pour définir leurs objectifs, rechercher de l’aide et bien moins convaincus de l’apport de leur scolarité dans leurs apprentissages. 

pisa 2025 radar araignee EB

L’apprentissage est un processus multidimensionnel. S’il dépend de l’engagement des élèves, il est aussi fortement impacté par le cadre familial et scolaire.  

Le rôle du cadre familial et scolaire dans la réussite des élèves

L’intérêt des parents pour la scolarité, un levier sous-estimé

  • L’enquête PISA met en lumière que l’implication des parents dans la scolarité de leurs enfants n’est pas qu’une question de principe : elle se traduit concrètement en points de score. Il ne s’agit pas d’aider son enfant à faire ses devoirs plusieurs heures par jour. La simple manifestation d’intérêt des parents vis-à-vis des apprentissages et de l’expérience scolaire au quotidien a des répercussions sur la réussite scolaire.

  • S’intéresser à ce que son enfant apprend à l’école, ou discuter avec lui de ses résultats scolaires, est associé à un gain d’une dizaine de points. Mais un geste, plus simple encore, se révèle deux fois plus puissant : demander à son enfant ce qu’il a fait à l’école ce jour-là, est associé à un écart de score qui dépasse les 25 points.  

pisa 2025 parent

Mais c’est justement ce soutien familial qui s’érode : les élèves déclarent un accompagnement moindre qu’en 2022, et ce dans la quasi-totalité des pays et économies participants. La France n’échappe pas à la tendance — elle l’illustre même de façon particulièrement marquée. En 2025, 49 % des élèves français disent que leurs parents s’intéressent à ce qu’ils apprennent en classe, contre 58 % en moyenne dans l’OCDE. Trois ans plus tôt, en 2022, l’écart était pourtant bien plus resserré : 63 % en France contre 66 % dans l’OCDE. Autrement dit, quand l’intérêt parental recule de 8 points en moyenne dans l’OCDE, il chute de 14 points en France, près du double. 

L’importance de la relation aux enseignants

Le soutien perçu par les élèves de la part des enseignants agit lui aussi comme un puissant levier de réussite. Dans la moitié des pays de l’OCDE, cet indice progresse depuis 2015, une progression corrélée positivement aux résultats et aux attitudes d’apprentissage en sciences.  

La France, elle, reste à la traîne sur ce terrain : son indice de soutien des enseignants reste stable depuis dix ans, en-dessous de la moyenne OCDE. Un écart qui se double d’un problème plus structurel : seuls 12,9 % des élèves français étudient dans un établissement sans pénurie d’enseignants, contre 28,8 % en moyenne dans l’OCDE, un écart de près de 16 points. 

Afin de remédier à cette situation, regardons les moyens mis en œuvre auprès des enseignants dans les pays qui progressent : le développement de la formation continue, qui porte autant sur la discipline enseignée que sur la pédagogie (savoir expliquer clairement, maintenir l’engagement des élèves, créer un climat de classe favorable aux apprentissages…) et le développement du tutorat entre pairs.  

Ces deux leviers ne se compensent pas en France : ils reculent de concert. Le soutien des enseignants ne vient pas prendre le relais du désengagement familial. Au-delà de la pénurie d’enseignants, le vrai défi français tient à la qualité de la relation (familiale et scolaire) perçue par l’élève. 

égalité des chances : ce que révèle PISA 2025 sur l’école française

Le niveau d’un système scolaire ne se mesure pas uniquement à des scores académiques mais aussi à sa capacité à hisser chaque élève, quel que soit son origine socio-économique, à son plein potentiel.  

L’école française demeure profondément marquée par les inégalités sociales. 

En sciences, les élèves issus d’un milieu socio-économique favorisé (25% supérieurs dans l’échelle du statut socio-économique) obtiennent un score moyen de 100 points supérieur à celui des élèves défavorisés (25% inférieurs), l’écart moyen au sein de l’OCDE étant de 85 points.  

Alors que pour l’OCDE, une baisse de l’écart moyen provient très majoritairement de la baisse de niveau des élèves les plus favorisés, pour la France il s’agit d’un double effet de progression des performances des élèves les moins favorisés et d’une baisse de performance des élèves les plus favorisés. 

L’OCDE mesure en complément de cet écart la proportion d’élèves résilients, c’est-à-dire issus des milieux les plus défavorisés et obtenant malgré cela de bons résultats. Ils représentent 11% des élèves défavorisés, pour une moyenne au sein de l’OCDE de 12%. 

L’ascenseur scolaire fonctionne mal, mais n’est pas à l’arrêt. 

PISA 2025 : quelles leçons pour l’école française ?

Toute l’ambition de PISA est de “faire de ces comparaisons un tremplin d’amélioration”. 

“Lorsqu’un pays réussit, il fait immédiatement figure de référence pour les autres, chacun se demandant alors : « Que font-ils de différent ? Et quels enseignements en tirer ? » Lorsque, au contraire, les résultats sont décevants, ils restent rarement de simples chiffres dans un rapport : ils amorcent le débat, remettent en question des idées reçues de longue date et deviennent parfois même le catalyseur d’une réforme en profondeur. En ce sens, les résultats du PISA, loin d’être un simple palmarès, se révèlent une véritable boussole.” 

Il n’y a pourtant aucune raison de se satisfaire de la situation de l’école française, en particulier en lecture et en mathématiques, tant elle continue de se dégrader édition après édition. Mais il y a des raisons de ne pas céder au fatalisme :

  • D’abord, les élèves français conservent des atouts, que nous avons détaillés.

  • Ensuite, plusieurs pays sont parvenus à opérer un redressement significatif en à peine une dizaine d’années, preuve qu’aucune trajectoire n’est irréversible.

  • Enfin, et c’est peut-être le plus important : les solutions efficaces sont identifiées. PISA ne se contente pas de dresser un constat, il éclaire, avec la rigueur de la recherche, les leviers qui fonctionnent réellement.

Reste à les actionner. Redresser la situation relève à la fois d’une responsabilité collective et individuelle : celle des politiques publiques, des établissements, des enseignants, des familles. Le diagnostic est posé, les leviers sont connus : le défi, désormais, est celui de leur mise en œuvre. 

Envie de recevoir nos prochains décryptages ?

La publication des conclusions PISA va se poursuivre jusqu’à avril 2027. Pour recevoir nos prochains décryptages et nos analyses plus approfondies des leviers évoqués, vous pouvez vous inscrire à notre newsletter. 

Nos actualités

100pour100brevet
10 juillet 2026 Actualités

Brevet 2026 : 100 % de réussite dans les écoles Espérance banlieues

🏆 Au brevet 2026, 100 % des élèves présentés par les écoles Espérance banlieues ont été admis et 80 % ont obtenu une mention : 36 % une mention Très Bien, 36 % une mention Bien et 8 % une mention Assez Bien.

Lire l’article
23 juin 2026 Dans la presse

« L’école peut réduire les inégalités scolaires » par Fabienne Charvolin

Comment une école peut-elle contribuer à réduire les inégalités scolaires ? Fabienne Charvolin, cofondatrice du Cours La Cordée à Roubaix, revient sur l’aventure Espérance banlieues, l’alliance avec les familles, l’innovation pédagogique et les résultats obtenus auprès des élèves des quartiers prioritaires.

En savoir plus