
On imagine souvent que pour avoir un impact auprès des enfants, il faut être enseignant. Ou éducateur. Ou spécialiste de quelque chose.
Et puis il y a toutes les autres questions.
- « Est-ce que je serai utile ? »
- « Est-ce que j’aurai assez de temps ? »
- « Est-ce que je saurai quoi faire ? »
Ces questions, beaucoup de personnes se les posent avant de pousser la porte d’une école Espérance banlieues.
Pourtant, dans nos 16 écoles, plus de 400 bénévoles participent aujourd’hui à la vie quotidienne des établissements. Étudiants, retraités, actifs, parents, jeunes professionnels… leurs profils sont variés mais beaucoup racontent la même chose : personne n’est arrivé avec une idée très précise en tête, si ce n’est se rendre utile et aider les enfants à s’épanouir et grandir.
Soutien scolaire, temps de repas et de jeux avec les enfants, accompagnement d’activités, soutien ponctuel, sorties, lien avec les familles : chacun peut trouver une manière de s’engager qui correspond à son temps, ses talents ou ses envies.
Comment devient-on bénévole ? Parfois, tout commence par une rencontre
Il y a huit ans, Geneviève ne cherchait pas particulièrement un nouveau projet.
Orthophoniste, elle traverse alors une période de transition après un déménagement et la fermeture de son cabinet après onze années d’exercice.
Une amie lui parle alors d’un projet d’ouverture d’école à Toulon, le Cours Eric Tabarly. Elle accepte de donner un coup de main.
« J’avais du temps à consacrer au bénévolat. Une amie m’a proposé de monter un réseau de bénévoles pour les études et la cantine. J’ai aimé relever ce défi. »
Au départ, Geneviève accompagne les études, anime des ateliers et aide à coordonner plusieurs bénévoles. Puis, au fil des années, son engagement prend une autre ampleur : elle devient responsable bénévoles et contribue à faire grandir tout un réseau autour de l’école.
Huit ans plus tard, elle est toujours là. Mais entre-temps, l’école a grandi. Des projets ont vu le jour. Des familles sont arrivées. D’autres bénévoles ont rejoint l’aventure.
Dans les écoles Espérance banlieues, les bénévoles ne sont pas de simples intervenants extérieurs : ils font partie de l’équipe éducative et participent pleinement à la vie de l’école : ils prolongent le travail des équipes, soutiennent le quotidien et prennent part à cette alliance éducative construite autour de l’enfant.
« Les enfants ont besoin de repères et de visages familiers. » explique Geneviève.
« Quand un élève vous demande : “C’est quand que vous revenez ?”, c’est simple, spontané… et cela dit tout. »
Elle témoigne également d’un élève arrivé très réservé :
« À son arrivée, il baissait systématiquement les yeux lorsqu’on lui adressait la parole. Trois mois plus tard, il soutenait le regard et s’exprimait devant le groupe. »
Pour ceux qui l’ont accompagné au quotidien, ce changement a beaucoup compté. L’impact ne se mesure pas uniquement en chiffres ou en résultats visibles, mais une confiance retrouvée ou un talent découvert change des trajectoires de vie.
« Ce sont ces petites transformations silencieuses qui donnent tout leur sens à l’engagement. »
L’impact ne s’arrête pas à l’école
Quelques années après Geneviève, son mari Benoît rejoint lui aussi l’aventure.
Aujourd’hui, les enfants l’apprécient beaucoup. Ils savent que c’est lui qui répare le baby-foot, accompagne des projets ou répond aux questions des parents. Au fil du temps, il est également devenu une figure familière de l’école.
Il développe « La Ruche », un espace imaginé pour les familles : activités, sorties, rencontres, cafés parents.
L’objectif n’était pas seulement de proposer des activités supplémentaires. Il s’agissait aussi de créer des occasions de rencontre entre familles, bénévoles et équipe éducative.
« C’est une aventure humaine incroyable. On apprend autant qu’on transmet. »
Chez Espérance banlieues, les parents sont pleinement associés car la confiance entre les familles et l’école permet une continuité éducative et pédagogique. L’enfant évolue sereinement dans des environnements qui travaillent main dans la main.
« C’est précisément l’ambition de La Ruche : rendre plus cohérents les différents environnements de la vie d’un enfant – la famille, l’école et le quartier – afin de l’aider à grandir et à se construire. »
C’est dans cette logique qu’est née « La Ruche ». Au départ, quelques activités du mercredi. Puis des sorties familles, des cafés parents, des ateliers créatifs ou des moments réservés aux mamans. Peu à peu, La Ruche est devenue un lieu de vie à part entière.
Au fil des années, le projet a pris de l’ampleur. Familles, bénévoles et équipe éducative s’y retrouvent autour d’activités, de temps d’échange et d’initiatives qui renforcent les liens entre l’école et son environnement. Cette dynamique a été reconnue en 2024 lorsque La Ruche a reçu le Prix L’Honneur en Action, décerné par la Société des membres de la Légion d’honneur. Cette distinction récompense des initiatives d’intérêt général qui contribuent concrètement à l’éducation, à la cohésion sociale et à l’intégration.
Une reconnaissance qui salue le travail collectif mené depuis plusieurs années autour des enfants et de leurs familles, et qui illustre la place qu’occupent aujourd’hui les bénévoles dans la vie de l’école.
Geneviève raconte :
« Ce qui me touche profondément, c’est la fraternité et tous ces liens créés avec des familles si différentes, que je n’aurais jamais eu l’occasion de rencontrer autrement. »
Au fil du temps, la complicité se crée, des parents prennent confiance, et certains s’impliquent à leur tour !

Pourquoi les bénévoles sont essentiels à la vie d’une école
Aujourd’hui, Geneviève et Benoît quittent leurs fonctions bénévoles. Geneviève redevient orthophoniste, mais dans un centre social. C’est son expérience chez Espérance banlieues qui a fait la différence avec d’autres candidats.
Pendant huit ans, ils ont vu arriver de nouvelles familles, accueilli des enfants, accompagné des parents, lancé des projets et vu l’école grandir année après année.
Ils ont été des visages familiers. Des repères. Des artisans patients de la vie de l’école.
Des personnes que les enfants reconnaissent, que les familles connaissent, vers lesquelles on se tourne naturellement.
Un jour, un élève a glissé à Geneviève :
« Merci d’être là, parce que vous, vous n’êtes pas payés pour nous aider. »
Les enfants perçoivent parfois avec une grande finesse ce que représente une présence gratuite et fidèle.
Le réseau leur adresse aujourd’hui une profonde reconnaissance pour ces années données avec fidélité, générosité et confiance.
Car derrière chaque école Espérance banlieues, il y a aussi des bénévoles qui donnent du temps, portent des projets, créent des liens et rendent possible ce qui se vit chaque jour.
Devenir bénévole : et si l’aventure commençait simplement ?
Geneviève rappelle aux personnes qui hésitent encore à s’engager :
« Personne n’a besoin d’arriver avec toutes les réponses. Les bénévoles sont accueillis, accompagnés et trouvent progressivement leur place dans l’école. »
Chaque année, de nouveaux bénévoles rejoignent les écoles Espérance banlieues. Études, accompagnement des enfants, sorties, soutien aux équipes, projets, activités ou lien avec les familles : les besoins sont nombreux et les formes d’engagement aussi.
Quelques heures par semaine peuvent parfois ouvrir une aventure bien plus grande qu’on ne l’imagine au départ.
Aux bénévoles, Geneviève adresse d’ailleurs ce message :
« Vous êtes les artisans concrets de ce beau projet. C’est vous qui faites battre le cœur de l’école. »
Huit ans plus tôt, Geneviève pensait simplement donner un coup de main pendant quelque temps.
Elle ne savait pas encore qu’elle allait participer à écrire une partie de l’histoire de l’école.
Les histoires qui marquent une école commencent rarement autrement.