Plus de 13 ans de terrain au service d’une réflexion de fond

Pour Éric Mestrallet, fondateur de l’association, ce livre n’est ni un manifeste théorique ni une réponse conjoncturelle. Il s’inscrit dans un temps long, celui de l’expérience :

« Ce livre est né de ce que nous avons vu fonctionner, et parfois ne pas fonctionner, dans les écoles Espérance banlieues. »

À travers cet ouvrage, l’auteur propose une réflexion structurée sur l’école française, nourrie par la réalité quotidienne de 16 établissements implantés dans des quartiers prioritaires.

5 questions à l’auteur :

1. Pourquoi avoir choisi d’écrire Refaire école à ce moment précis ?

Il y a à la fois une forme de maturité et un sentiment d’urgence. Après treize ans, certaines intuitions se sont confirmées, d’autres se sont affinées.

Et dans le même temps, les fragilités du système éducatif sont devenues de plus en plus visibles.

Le livre intervient à un moment où les constats sont largement partagés, mais où les réponses restent souvent théoriques ou descendantes. Refaire école fait le choix inverse : partir du terrain pour éclairer les décisions.

2. En quoi votre expérience des quartiers a nourri votre écriture ?

La genèse de ce livre s’inscrit dans le prolongement des convictions fondatrices d’Espérance banlieues, bien davantage que dans une simple démarche rétrospective.

Depuis 2012, le projet repose sur une certitude exigeante, toujours aussi vive : aucun enfant n’est condamné à l’échec dès lors qu’il évolue dans un cadre structurant et bénéficie d’une attention personnalisée.

Ce livre me permet de revenir à ce qui nous a animés dès le départ : refuser toute fatalité scolaire et croire profondément en la capacité de chaque enfant à grandir.

Malgré les évolutions du contexte éducatif, ces convictions sont restées intactes :

  • l’importance du cadre,
  • la taille humaine des écoles,
  • l’alliance avec les familles,
  • la confiance accordée aux équipes éducatives.

3. Refaire école est-il une suite de votre premier ouvrage ou une nouvelle étape ?

Ce n’est pas une rupture. C’est une étape de maturation. Certaines choses ne peuvent être formulées qu’après des années de pratique.

Là où mon premier livre racontait une aventure naissante, Refaire école prend de la hauteur. Il propose une lecture systémique de l’école, sans jamais perdre le lien avec le réel.

4. Un mot pour ceux qui font l’école au quotidien ?

Le livre s’appuie également sur de nombreuses rencontres avec des enseignants, des chefs d’établissement, des parents, des chercheurs et des acteurs de la société civile.

Le terrain vous oblige à l’humilité. Il vous empêche de rester dans des postures idéologiques.

Ces échanges ont permis de croiser les regards, d’enrichir l’analyse et de confronter les intuitions à d’autres expériences éducatives, en France et ailleurs.

5. Quel message souhaitez-vous faire passer à travers ce livre ?

Au-delà des propositions concrètes, Refaire école porte un message plus large : l’éducation est une responsabilité collective.

L’éducation n’est pas seulement une politique publique parmi d’autres. Elle est ce qui permet de retisser le lien social et de préparer l’avenir de notre pays.

Le livre s’adresse en priorité à :

  • celles et ceux qui enseignent,
  • celles et ceux qui décident,
  • celles et ceux qui soutiennent et accompagnent les projets éducatifs.

Il invite à dépasser les clivages pour se concentrer sur l’essentiel : ce qui fonctionne réellement pour les enfants.

Une vision renouvelée du système éducatif

Dans ce livre, Éric Mestrallet propose une vision renouvelée du système éducatif fondée sur la confiance, la coopération et l’accompagnement global de l’élève.

« La réussite scolaire repose sur une approche à 360° et non sur des interventions cloisonnées. »

Parce que l’école accueille l’enfant près de huit heures par jour, elle joue un rôle central dans la détection précoce des difficultés d’apprentissage, des troubles du langage ou des fragilités comportementales

Coopération école-famille : un levier pour la réussite de chaque élève

« Lorsque la confiance est établie avec les familles, l’établissement est mieux à même d’identifier les besoins spécifiques, d’orienter vers les bons professionnels (orthophoniste, psychologue, spécialistes du suivi éducatif) et surtout de coordonner les expertises. »

Cette coopération entre école, parents et intervenants extérieurs constitue l’un des piliers défendus dans Refaire école : faire de l’établissement scolaire une véritable plateforme d’accompagnement au service de la réussite de chaque élève, notamment dans les quartiers prioritaires.

Pour aller plus loin

Ces réflexions sont développées par Éric Mestrallet dans son ouvrage 

Refaire École : La République et l’excellence pour les jeunes des quartiers populaires

S’appuyant sur plus de 13 ans d’expérience de terrain au sein du réseau Espérance banlieues, ce livre plaide pour une école qui place l’enfant, dans toutes ses dimensions, au cœur du projet éducatif à travers des propositions concrètes​. Bon nombre de ces initiatives ont déjà fait leur preuve au sein d’Espérance banlieues. D’autres, toujours dictées par le souci des enfants et de leur avenir, dépassent le cadre actuel de notre action et ouvrent des perspectives nouvelles pour le système éducatif.

Le livre est déjà disponible :